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Ratched : Notre avis sur la série Netflix.

Ratched, série Netflix produite par Ryan Murphy, est majoritairement une réussite. Mais il y a un mais.

ATTENTION SPOILER. Si vous n’avez pas fini la saison 1 de Ratched, ne lisez pas ce qui suit.

Il est rare qu’une série avec autant de grands noms marque surtout les esprits par sa technique, par les « petits » détails qui sont rarement appréciés à leur juste valeur.
Pourtant, c’est bien ce qu’il faut saluer en premier après avoir regardé la série produite par Ryan Murphy. Les costumes et les coiffures sont splendides. Ce sont eux qui donnent instantanément une présence à Mildred Ratched. Ce sont eux qui maintiennent la superbe du personnage quand l’histoire s’essouffle un peu.
Les décors laissent rêveur, de la maison du personnage de Sharon Stone à cette ambiance froide et pourtant étrangement accueillante de l’hôpital. Quant au montage, il mérite une récompense, ne serait-ce que pour l’épisode 4.

Bien sûr que le casting est brillant. Mais, est-ce vraiment une surprise ? Pouvions-nous attendre autre chose de Sarah Paulson, Sharon Stone ou Cynthia Nixon ?
Toutes si justes dans chacune de leur apparition à l’écran. Et Paulson qui prouve un peu plus que, si elle a passé la majeure partie de sa carrière en rôle secondaire, sa vraie place est définitivement au rôle principal. Elle sait se mettre en avant quand il le faut et laisse briller l’autre au moment adéquat. C’est ce qui fait une grande actrice, c’est aussi ce qui fait qu’on remarque autant les seconds rôles. Mention spéciale donc à Judy Davis, la nurse Betsy Bucket, à Jon Jon Briones, le docteur Hanover, et à Sophie Okonedo, Charlotte Wells, qui ont su profiter amplement de la perche tendue par les grands noms du casting.

« Ratched pose exactement le même dilemme que Joker de Todd Philips »

Si Ratched est en majeure partie une belle réussite et l’une des meilleures séries de 2020, il y a pourtant un petit « mais ». Est-ce qu’on s’était fait une mauvaise idée avec la promo? C’est possible. Est-ce que Ryan Murphy a « mal », entre très gros guillemets, vendu la série ? C’est possible aussi. Mais le fait est que ce n’est pas exactement le résultat que l’on attendait.
Avec la campagne marketing avant sortie de la série, le producteur s’amusait de la ressemblance à American Horror Story et il a utilisé le même type de promotion. D’abord, il a joué, autant que possible, la carte de l’horreur et de la violence (rappelons-nous de cette affiche). Or, s’il y a quelques moments sanglants, Ratched relève bien plus du drame / thriller psychologique qu’autre chose. Puis, lors de l’annonce du développement de la série, il parlait de Mildred comme étant l’équivalent féminin d’Hannibal Lecter.
Mais, ce n’est pas du tout ce qu’est Mildred. Le personnage n’est pas un monstre, encore moins quand on connaît son histoire. Elle commence fort, mais s’adoucit et perd de sa poigne au fil des épisodes. Ratched pose exactement le même dilemme que Joker de Todd Philips. Est-elle un monstre ou est-ce la faute de la société qui l’a abimée à ce point ? Et l’histoire répond presque à la question puisqu’on apprend qu’Edmund Tollesson n’a pas été jugé coupable du meurtre des horribles parents adoptifs. « Après tout, c’est l’état qui vous a envoyés là-bas », explique l’assistante sociale (Rosanna Arquette) à Mildred.

Il est important de préciser que Netflix avait directement commandé deux saisons de Ratched. Ce que l’on a vu n’est donc qu’une moitié de l’histoire pensée par Ryan Murphy. Est-ce que la recherche d’Edmund va rendre folle Mildred ? Est-ce que c’est en perdant l’amour de son frère qu’elle va se transformer en la personne aigrie et inhumaine qu’elle est dans Vol au-dessus d’un nid de coucou (dont Ratched est le prequel) et que décrivait Murphy ?
La réponse arrivera avec la saison 2, qui n’a aucune date de diffusion pour le moment.

(Crédits image mise en avant : Saeed Adyani / Netflix 2020)




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