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GOT : Miguel Sapochnik revient sur les coulisses de Hardhome, Battle of the bastards, The Long Night…

Miguel Sapochnkik est aujourd’hui l’un des réalisateurs les plus connus de Game Of Thrones. Il n’a pourtant réalisé que 6 épisodes de la série, mais ce sont certains des mieux notés ou en tout cas des plus importants : The gift (Épisode 7 saison 5), Hardhome (Épisode 8 saison 5), Battle of the bastards (Épisode 9 saison 6), Winds of winter (Épisode 10 saison 6), The long night (Épisode 3 saison 8) et The bells (Épisode 5 saison 7). Il gagnera même un Emmy pour la réalisation de Battle of the bastards. Dans un podcast de plus de 2 heures, le réalisateur revient sur le début de son histoire avec Game Of Thrones, sur les coulisses des principales batailles de la série et sur le manque de morts dans The long night. Voici un résumé des temps forts de son interview.

THE GIFT

Miguel Sapochnik est arrivé un peu par chance sur Game of Thrones. Le réalisateur prévu pour les épisodes 7 et 8 de la saison 5 a annulé à la dernière minute, il a donc vite fallu trouver un remplaçant. À l’époque, Sapochnik ne sait pas encore réellement fait un nom à Hollywood. Il n’a réalisé que quelques épisodes de Docteur House, de Fringe… David Benioff et D.B Weiss décident quand même de lui donner sa chance, et vont très rapidement le regretter : “Dave et Dan ne m’aimaient pas beaucoup la première année, en tout cas jusqu’à ce que je fasse Hardhome parce que pour mon deuxième jour de tournage j’ai tourné quelque chose qu’ils n’ont pas du tout aimé (…) J’aime tourner à travers des objets, et eux n’aiment pas cela. J’avais réalisé une scène entière entre Tommen et Cersei à travers des raisins parce que cela donnait l’impression qu’il était prisonnier, etc…. Tout le monde était content. Puis pendant le week-end, j’ai reçu un appel de Dave et Dan. À la seconde où j’ai vu qu’ils m’appelaient, j’ai compris que j’allais avoir des problèmes.”

HARDHOME

À cause de cette “bourde”, le réalisateur n’est plus réellement libre de faire ce qu’il veut pendant les mois qui suivent. Si ce n’est pas un gros problème pour un épisode comme The Gift, c’est plus compliqué quand il s’agit de préparer la réalisation d’une bataille, surtout la première avec les white walkers : “Ils ne m’aimaient donc pas trop parce que j’avais ‘merdé’ le deuxième jour. Par conséquent, on surveillait vraiment ce que je faisais d’un point de vue visuel pendant mes trois premiers mois de tournage. Cela a rendu extrêmement difficile la création de Hardhome parce que je les avais énervés.”

S’ajoute à cela, le manque de budget par rapport à l’importance de la scène. Dans le scénario, des centaines de milliers de sauvageons devraient être attaqués, mais il est possible de créer cela tout en restant dans le tarif donné. C’est alors que Sapochnik a l’idée de créer une clôture dans la scène:  “parce qu’avec une clôture assez haute, on ne peut pas voir, mais on peut entendre. Et elle peut se casser.” Le plan est parfait et plaît à David Benioff et D.B Weiss. Une grande majorité des sauvageons se fera ainsi attaquer en dehors du cadre.

Concernant la bataille, il est difficile de gérer autant d’extras surtout quand ils sont censés se battre à l’écran. L’ambiance a d’ailleurs débordé quelques fois : “Il y a quelques plans dans Hardhome dans lesquels les gens sont réellement en train de se battre”.
 Mais il a majoritairement réussi le pari de garder une ambiance joviale sur le plateau, l’idée est de créer un environnement contrôlé. “Quand les sauvageons sautent dans l’eau, nous avons imaginé cela comme une partie de Bulldog (NDLR jeu anglais). Les hommes de la garde de nuit étaient Bulldog et les autres devaient passer à travers. En faisant de cela un jeu, ou en tout en faisant croire à tout le monde que c’en était un, on peut installer des règles que les gens suivent.”

BATTLE OF THE BASTARDS

Dès sa diffusion, Hardhome sera acclamé. Encore aujourd’hui, l’épisode obtient le score de 100% sur le site Rotten Tomatoes. Quand il est annoncé sur des épisodes aussi essentiels que Battle of the bastards ou Winds of winter, tout le monde n’a qu’une chose en tête : faire un épisode encore plus gros que Hardhome, une idée qu’il a essayé de combattre : “Je me souviens avoir spécifiquement pensé ‘nous devons faire attention à ne pas vouloir faire mieux. En aucun cas. Si nous essayons de faire cela, nous allons nous brûler les ailes.’”

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( @seancamop ) Another great still from "Battle of the Bastards" taken by our lovely producer Chris Newman. You can see the fantastic detail that our wonderful makeup/hair and costume department go to in this photo. —————————————————- I'm standing out from the mud in the blue jacket shooting a two shot of our heroes, Jon Snow and the wilding Tormund deciding on their next course of action. ———————//—————————— #bestJobEver #thesoc #cameraOperator #Photographer #Camera #Lens #DirectorOfPhotography #Cinematography #Cinematographer #Videography #Photography #Videography #PhotographyIsLife #CameraSupport #CameraAccessories #SOC #bts #movies #film #gameofthrones

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La bataille des bâtards côté coulisses. 

Une fois de plus, il appliquera une recette trouvée sur Hardhome et qu’il utilisera sur chacune des batailles après cela : il faut utiliser le point de vue d’un personnage. Cela aide non seulement à réduire le coût de la scène puisque tout ce qui n’est pas vécu par le personnage n’a pas réellement lieu d’être, mais cela aide également à donner un fil conducteur au spectateur et aux équipes de tournage. Dans Battle of the bastards, tout comme dans Hardhome, Jon sera le personnage qui nous guidera. Et cette année-là, il y avait quelque chose d’essentiel sur lequel il fallait jouer : “A vrai dire, il y avait quelque chose d’intéressant concernant Kit. Lors de cette saison, Kit était perdu en quelque sorte sur ce que faisait son personnage. Je crois que c’était au début de cette saison qu’il était revenu à la vie. Et donc à nouveau, nous devons creuser cela et en faire ton histoire.”

Il ajoute “dans cette bataille, ce qui se passait essentiellement était une bagarre entre deux personnes dans un grand champ. Il fallait donner du sens à cela. Ramsay sait exactement ce qu’il veut, Jon non. Ramsay est plein de malice, de vengeance, etc…. Jon est mort à l’intérieur. Voilà l’idée de la bataille en tout cas de mon point de vue. J’en ai parlé à Kit. Je lui ai dit que nous allions ramener Jon à la vie en le faisant traverser l’enfer. Et puis, par pure coïncidence, nous avons obtenu ce plan qui ressemble à une renaissance quand il se fait écraser.”

Il revient également sur l’idée derrière le plan devenu mythique de Jon à terre face à une dizaine de chevaux galopant en sa direction. Et une fois de plus, c’est une histoire de temps et de budget. Il a donc à nouveau du trouver une alternative à une charge de cavalerie ordinaire “Qu’est-ce qui serait différent ? Ce serait différent s’il n’était pas sur un cheval.”

THE LONG NIGHT

Avec The long night, Miguel Sapochnik se retrouve face à un dilemme, il n’y a pas assez de morts à son goût.  “Il y avait l’insatisfaction venant du fait que nous ne pouvions pas tuer tout le monde. Je voulais tuer tout le monde. Je voulais tuer Jorah dans la première charge de cavalerie. J’étais prêt à tuer absolument tout le monde. Je voulais que ce soit brutal et sans pitié afin que pendant les 10 premières minutes, le spectateur comprenne que tout est possible. Mais Dave et Dan (NDLR les créateurs de la série) ne voulaient pas. Nous avons beaucoup débattu à ce sujet. Ils voulaient garder cela pour The Bells. C’était donc difficile. Je ne pouvais pas tuer qui je voulais, mais je devais créer quelque chose d’intense.”

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hours and hours of training with each part of the fight

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Vladimir Furdik entraîne Iain Glen pour les scènes de bataille de Jorah. 

L’épisode étant également trop dense sur le scénario par rapport au temps imparti, il a fallu simplifier la bataille sur de nombreux points. Il y avait d’abord cette scène prévoyant une horde de loups s’attaquant au dragon mort-vivant, mais l’idée ne plaisait pas au réalisateur. Le night king avait également une longue scène de bataille. Il faut dire que l’homme derrière le visage du roi n’est autre que Vladimir Furdik, cascadeur en charge de la plupart des scènes d’actions de la série, l’acteur sait donc très bien manier les armes. Mais la scène n’était pas essentielle à son goût : “lors de la préparation, il faut commencer à prioriser  ce qui est important (…) à la fin d’une bataille de 18 minutes, est-ce vraiment important de savoir que le night king connait quelques mouvements sympas avec une lance”.

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Everyday warm-up – preparation

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Vladimir Furdik s’entraîne pour une scène de bataille. 

La saison 8 de Game Of Thrones est disponible sur OCS GO.

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